LA MAISON / Galerie Singulière

Alexandra Guillot - Déraciné, photographie, 1996MISCELLANEES
Alexandra Guillot
Vernissages: Vendredi 04 décembre à partir de 18h + Samedi 05 décembre de 15h à 22h
Exposition du 05 décembre 2009 au 05 février 2010

www.galeriesinguliere.com
Photo:Déraciné,Photographie,2006. ©Alexandra Guillot.

SOUCIS
Alexandra est une artiste nomade. Ce n’est pas tout à fait exact. Alexandra est une femme nomade, et quand elle fait de l’art, son nomadisme de femme vient squatter son art d’artiste. Par exemple, voyez cette photo qu’elle a prise en Chine (titrée par elle Déraciné) où un saule pleureur couché parmi ses compagnons debout porte sur son horizon proche une embarcation exotique naviguant plus loin sur le fleuve : déracinement figuré soulignant exil réel. Il est vrai qu’à moi qui connais un peu la vie d’Alexandra, il est plus facile de déchiffrer ce genre d’indices ; il y a quelques années, je recevais régulièrement d’elle des chroniques chinoises et je m’inquiétais de lire dans ses descriptions la pure volonté de dépaysement qui la guidait alors. En réalité, Alexandra n’est pas une femme nomade, mais quelqu’un chez qui l’habiter forme une faculté hypersensible. Tandis que nous autres habitons tout grossièrement et franchement nos habitations, c’est comme si Alexandra était restée étrangère à l’ordre du logis (= l’idéologie domestique) ; de sorte qu’elle perçoit toutes sortes d’installations avec une acuité inquiète et rêveuse. C’est donc une coïncidence heureuse si La Maison lui a commandé une exposition monographique, car l’artiste y trouve une belle occasion de contre-habiter cet espace, qui a toujours plié les expositions qu’il accueillait à sa fonctionnalité première (toilettes et salle de bains comprises). Contre-habiter, ce sera alors décliner des formes paradoxales d’habitation, en jouant sur la « fonction tableau », par quoi se symbolise d’ordinaire le caractère habitable d’un lieu, autant que sur le genre de l’installation, qui embrasse tout l’espace réel d’une pièce ou d’un espace intérieur complexe. Au salon vide, ainsi, fleurissent des pensées si évidemment cultivées qu’on ne peut pas de ne pas penser sauvage en les voyant jaunir sous l’ampoule…
          Joseph Mouton

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