LES BOIS

SHIGERU KURIYAMA
Vernissage le Jeudi 6 mai 2010, à partir de 18h30
Exposition du 7 mai au 13 juin 2010
Shigeru Kuriyama, 06-03-2009, 2009, crayon de papier sur papier Canson, 55cm x 75cm, unique

Shigeru Kuriyama travaille par séries, dans une multiplication méthodique et patiente du même sujet : séries de visages ou séries de vues entre ciel et mer. Ces sujets universels nous captivent.
A la galerie Sintitulo, il présente ses dernières recherches autour du motif de la forêt, Les Bois. Ce lieu à l’aura magique, chargé de fantasmes, déformé par les mystères et les traditions ancestrales, constitue le sujet d’une production généreuse de dessins réalisés au crayon de papier sur canson blanc.
Shigeru Kuriyama saisit avec minutie et permanence des éléments fugaces et transitoires du monde. Nous apprécions avec engouement le temps d'appréhension que demandent ses œuvres, le moment d’attention spécifique qu'elles requièrent, où une contemplation consentie permet de distinguer des motifs, un paysage, une forêt, un visage. La figure est modelée par la délicatesse du trait et des subtils jeux d'ombre et de lumière, offrant une relation sereine de l'homme avec l'univers.
D’une exigeante et minutieuse simplicité, l’œuvre de Kuriyama exprime la permanence de l’esprit à travers la matérialité. La verticalité des arbres happe le regard dans un mouvement ascendant et suspend la contemplation dans l’éternité.
Ces dessins sont comme l’apparition soudaine d’une image revenue d’un songe depuis longtemps évanoui, surgi des brumes de nos souvenirs.
Né Tokyo (Japon) en 1950, Shigeru Kuriyama vit et travaille à Nice.

JAUNE

JULIEN BOUILLON
Vernissage le Jeudi 1er avril 2010, à partir de 18h30
Exposition du 25 mars au 2 mai 2010
Julien Bouillon, A Lazare, 2006, photographie, tirage unique encadré, 70cm x 70cm

Julien Bouillon propose à la galerie Sintitulo une série de photographismes rapprochés suivant un critère simple : la couleur jaune.
Couleur solaire à l'aura céleste, lumière chaleureuse, le jaune est aussi le symbole de la traîtrise et de la jalousie. C'est la couleur des trompeurs que l'artiste a choisi d'associer au procédé photographique qu'il utilise. Il présente à Mougins des photographies d'où surgissent des tableaux, où sont dissimulés des morceaux de peintures et des citations d'œuvres emblématiques de l'histoire de l'art.
La particularité de la sélection chromatique faite à la galerie Sintitulo est de solliciter la fovéa. Située dans le prolongement de l'axe optique de l'œil, cette zone de la macula Lutea ou « tâche jaune » est la zone de la rétine où la vision des détails est la plus précise, et où se fait la majeure partie de l'appréciation des couleurs.
L’allusion à la fovéa propose d'interroger notre rapport à l’Histoire de l'art. Les photographismes de Julien Bouillon constituent de véritables stratifications, faites de citations issues des livres d’art et autres recueils d’images qui nourrissent notre culture. C’est par le biais de ces reproductions d’œuvres historiques que nous découvrons bien souvent les œuvres originales. Ces sources induisent un rapport distordu aux œuvres dont les cadrages, les dimensions, les couleurs, les détails choisis pour la reproduction papier sont imposés au lecteur.
L’attitude désaffectée de Julien Bouillon vis à vis de cet empilement successif pratiqué dans les photographismes implique chez lui une suppression du style et de la spécialisation. Il malmène le statut de la surface, de la profondeur, de la familiarité ou de la distance par rapport à la valeur artistique. L’autonomie de son discours permet un regard particulier sur l’Histoire, à l’échelle d’un artiste qui taille allégrement dans les sources qu’il utilise.
Le couple peinture/photographie de l’ensemble JAUNE est une mise en jeu, avec ses multiples relations aux problématiques de production des images et de la représentation. Le cheminement apparition-construction-devenir d'une image est ici interrogé au cœur d'un protocole systématisé, qui vient ébranler le statut traditionnel des formes et de leurs représentations.
Né en 1971, Julien Bouillon vit et travaille à Nice.